Perte autonomie

Retraite : comment faire face financièrement à une possible perte d’autonomie ?

1,3 million de Français sont aujourd’hui dépendants, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2060. La dépendance coûte cher, mais des solutions existent pour préparer au mieux la période.

En France, la dépendance concerne 8% des plus de 60 ans et 20% des personnes âgées de plus de 85 ans, selon le ministère de la Santé. L’âge moyen de perte d’autonomie est de 83 ans.

Se tourner vers les aides publiques

Les personnes en perte d’autonomie mais qui résident encore à leur domicile peuvent prétendre à l’Allocation personnalisée d'autonomie (Apa). Cette aide est sans condition de ressources, mais uniquement de perte d’autonomie, mesurée avec la grille nationale AGGIR, qui établit six niveaux de dépendance.

Bon à savoir

Si vous n’y êtes pas éligibles mais retraité, certaines caisses de retraite peuvent attribuer des aides ménagères. La caisse de retraite, si vous dépendez du régime général ou du régime d’Etat, peut également financer une partie des travaux dans votre résidence principale pour la rendre plus accessible et donc facile à vivre. Aucune condition de ressource n’est exigée, et l’aide peut atteindre 3500 euros.

Des communes et des départements peuvent en outre apporter d’autres assistances, comme des aides pour

  •         se déplacer,
  •         payer le portage de repas prêts à consommer à domicile
  •         des foyers restaurants
  •         rémunérer une aide à domicile

Prendre une assurance dépendance

L’allocation personnalisée d’autonomie est plafonnée et ne couvre pas toutes les dépenses qu’implique la dépendance. On peut alors se tourner vers d’autres acteurs, comme les assureurs. Les contrats d’assurance dépendance servent à vous aider en cas de dépendance totale ou partielle. Pour les contrats de prévoyance, vous versez une cotisation de quelques dizaines d’euros chaque mois à partir de la souscription du contrat. En échange, vous obtenez une rente, variable en fonction de vos cotisations mais qui peut aller à plus de 1000 euros par mois, à partir du moment ou vous êtes reconnus dépendant. Beaucoup de contrats proposent aussi un petit capital d’installation versé au moment ou vous êtes reconnus dépendant, pour couvrir des frais d’aménagement de votre résidence par exemple. Le versement de la prestation est, le plus souvent, accompagné de services d'assistance.

Certains assureurs proposent aussi une garantie avec l’assurance vie, qui peut avancer la rente prévue dans le cadre de la garantie principale en cas de dépendance. La définition de la dépendance varie en fonction des contrats : elle peut s’appuyer sur la grille AGGIR, ou sur la grille AVQ (actes de la vie courante) qui prend en compte cinq actions : se lever, se déplacer, s’habiller, s’alimenter et faire sa toilette. Au début de la suscription, renseignez-vous bien du seuil à partir duquel l’assurance doit vous aider. 

Assurance dépendance : comment bien choisir son contrat

Toutefois, il faut faire attention à certaines situations :

  •        Ces assurances sont dites « à fond perdu » : si vous mourez sans avoir été en situation de dépendance, les cotisations versées sont perdues.
  •         Ces contrats ont des délais de carence, parfois de plusieurs années qui s’appliquent : mieux vaut le souscrire tôt, ce qui diminuera aussi le montant des cotisations. Les contrats d'assurance dépendance comportent également un âge limite, autour de 70 ans.
  •         Il existe désormais énormément de contrats, pas toujours simples à comprendre. La Fédération Française de l’assurance délivre le label GAD (Garantie Assurance Dépendance) qui permet de s’assurer que plusieurs garanties essentielles sont présentes (rente minimale de 500 € en cas de dépendance lourde, le maintien partiel des droits en cas d’interruption de paiement des cotisations…)