Retraite complémentaire

Retraite complémentaire du secteur privé : qui peut en bénéficier ?

Tous les salariés du secteur privé bénéficient d’une retraite complémentaire Agirc-Arrco. Des cotisations qui s’ajoutent à la retraite de base de la Sécurité sociale et permettent d’augmenter sa pension. Découverte.

Les conditions d’obtention

Pour l’obtenir, l’assuré doit :

- Avoir cessé toute activité professionnelle, salariale ou non salariale, à l’exception de certaines situations. C’est ainsi que les personnes bénéficiant d’une retraite progressive, d’une dérogation pour poursuivre une activité salariale ou qui exercent à l’étranger mais ne cotisent plus auprès de l’organisme Agirc-Arrco peuvent également la percevoir. 

- Remplir des conditions d’âge et de carrière. La retraite complémentaire peut être obtenue à partir de 57 ans avec une décote. Mais pour espérer un taux plein, il faudra attendre au minimum 62 ans (âge légal du départ à la retraite) et justifier du nombre de trimestres requis ou travailler jusqu’à 65-67 ans, l’âge de départ à taux plein.

- faire une demande de liquidation. Pour obtenir la « complémentaire », il est recommandé de la demander 6 mois avant la fin de son activité professionnelle. Vous pouvez constituer votre dossier directement en ligne sur le site de l’Agirc-Arrco.

Un système de minoration-majoration

Le montant de sa pension de retraite complémentaire peut être minoré ou majoré selon la date à laquelle vous la demandez après avoir obtenu votre retraite de base à taux plein du régime général. Ce système concerne les salariés nés à partir de 1957. 

Un malus appliqué : si vous demandez votre retraite complémentaire dès que vous pouvez prendre votre retraite à taux plein, à 62 ans par exemple, vous subirez une minoration de 10 % sur votre retraite complémentaire durant 3 ans dans la limite de 67 ans. Cette minoration, appliquée pour solidarité, a pour but d’inciter les personnes à différer leur départ d’un an. Des exceptions existent cependant, notamment pour les personnes porteuses d’un handicap.

A l’inverse, un bonus pour ceux qui décalent leur départ : la minoration ne s’applique pas à ceux qui décaleront leur départ à la retraite d’une année au-delà des conditions d’obtention du taux plein. En plus, une majoration pendant un an sera proposée aux personnes qui le repousseront de quelques années supplémentaires. Il sera de 10 % pour un différé de 2 ans, de 20 % pour 3 ans, de 30 % pour 4 ans.

La fusion des deux caisses de retraite

Depuis le 1er janvier 2019, le système de retraite complémentaire des salariés qui comportait deux régimes distincts, le régime Arrco réservé aux salariés non cadres, et le régime Agirc destiné aux cadres (qui cotisaient également à l’Arcco) ont fusionné. Ainsi, il n’y a plus aujourd’hui qu’une seule caisse de retraite complémentaire pour l’ensemble des salariés du secteur privé. Les droits acquis ont été repris sans perte de valeur des points cotisés dans le nouveau régime unifié Agirc-Arrco et le statut de cadre ne rentre plus dans le calcul des cotisations. Seul compte le montant du salaire brut avec de nouveaux taux de cotisation.

En pratique : pour les non-cadres, soit plus de 80% des salariés, qui cotisent au seul régime Arrco, la réforme n’a rien changé. Les cadres, en revanche, ont vu leurs points Arrco et leurs points Agirc  regroupés.

Par Florence Massin

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