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Senior actif : les freins à la reconversion

A partir de 45 ans, le projet de changer de carrière et de quitter son entreprise pour se reconvertir peut rencontrer des freins multiples. Le manque de confiance en soi, mais également une mauvaise communication avec son DRH ou encore des difficultés à trouver un financement peuvent nuire à la motivation

Nombreux sont les seniors qui envisagent de changer d’emploi. Changer de secteur professionnel, monter son entreprise…  Généralement ce désir est la conséquence d’une longue réflexion et du souhait de réaliser un projet qui tient à cœur pour la dernière partie de sa carrière. 

Toutefois, peu de seniors passent à l’acte en raison d’un mauvais accompagnement qui attaque la confiance en ses capacités à évoluer.

Une confiance en soi émoussée

Craindre de ne pas y arriver, de manquer d’argent, de ne pas être soutenu… Le manque de confiance en soi peut vite venir à bout des meilleures intentions si la personne n’est pas soutenue, dans un contexte sanitaire peu rassurant. Mais être sûr de soi et de son projet ne va pas forcément de soi. Pour se lancer, un salarié à besoin d’écoute et d’accompagnement auprès d’interlocuteurs bienveillants et objectifs.

Il ne s’agit ni de dévaluer, ni de surévaluer un projet et celui qui le porte mais de donner les ressources qui vont contribuer à réussir . Une formation adaptée peut ainsi consolider un désir d’évolution professionnelle auprès d’un senior en questionnement et incertain de sa capacité à changer de cap.

Des rapports compliqués avec les RH

L’annonce par un senior d’un projet de changement de carrière est parfois mal vécu au sein de l’entreprise et par le DRH, qui ne souhaitent pas perdre un élément rentable. Plusieurs réactions peuvent ainsi geler un projet de mobilité professionnelle :

  • une dévalorisation du salarié et de son projet,
  • une tentative de culpabiliser le salarié pour son départ alors que l’entreprise a besoin de lui,
  • un refus d’accompagnement et d’écoute,
  • une placardisation du porteur de projet.

La rupture entre RH et salariés est fréquente et porte atteinte à l’évolution professionnelle. En effet, un salarié bloqué dans sa demande de formation ou qui se voit refuser un Bilan de compétences va difficilement pouvoir mener à terme sa reconversion. Une attitude positive de la part des RH permet pourtant de renforcer la confiance des salariés dans l’entreprise et contribue à renforcer son image auprès du grand public.

Trouver le financement

Il existe plusieurs moyens de financer un projet de reconversion professionnelle. En fonction du projet et de sa situation professionnelle, le sénior actif peut solliciter son compte CFP afin d’utiliser ses droits à la formation. Il est également possible d’obtenir une aide pour la formation des chefs d’entreprise via l’AGEFICE sous condition d'éligibilité, de bénéficier d’un congé pour créer ou reprendre une entreprise, de solliciter le Pôle emploi, etc.

Mais certains projets réclament de plus gros efforts financiers. C’est le cas dans la création d’entreprise, lorsqu’il s’agit de trouver un local, financer du stock ou de former une équipe… La perspective de ne pas trouver de financement peut mettre en échec la volonté de changement de cap.

Quelques chiffres sur la reconversion des seniors

A quel âge devient-on seniors : l’âge diffère selon les dispositifs. Il peut être de r de 45 ans, de 50 ans ou de 57 ans.

Selon la Dépêche du 26 août 2021: Neuf Français sur dix auraient envie de changer de vie professionnelle, mais  trois fois moins à franchir le cap de la reconversion. 

Le taux de chômage des 55-64 ans est ainsi passé de 4,2% en 2003 à 5,9 % en 2020. Les chômeurs âgés de plus de 55 ans sont particulièrement touchés par le chômage de longue durée.

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